La liberté de conscience, de religion et d’opinion

Article 18 : Toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion ; ce droit implique la liberté de changer de religion ou de conviction ainsi que la liberté de manifester sa religion ou sa conviction seule ou en commun, tant en public qu’en privé, par l’enseignement, les pratiques, le culte et l’accomplissement des rites.

EXPLICATION  ET COMMENTAIRE:

La liberté de conscience est souvent proposée comme la liberté mère des différentes libertés de la pensée (expression, opinion…). La liberté de conscience regroupe toutes les autres, le point de départ de toute réflexion, communication et expression, étant la pensée, sans elle, il est impensable d’envisager de s’exprimer librement, de communiquer et d’informer. La liberté de conscience permet de se faire sa propre opinion, opinion subjective mais nourrie de manière objective, qui ne sera pas issue d’une tentative de prosélytisme. Il s’agit de penser ce que l’on veut. La conscience, contrairement à l’opinion, n’est pas nourrie directement d’éléments extérieurs. La conscience apparaît plus libre, elle relève du for intérieur, alors que l’opinion est souvent nourrie par un autre jugement.

LIBERTE DE CONSCIENCE, DE RELIGION ET D’OPION

Dans son principe, le droit à la liberté de conscience (liberté du « for intérieur », autonomie morale, autodétermination de la personne) est un droit individuel absolu excluant toute contrainte, restriction ou limitation, à la différence du droit à la liberté d’expression ou de la liberté de manifester sa religion qui peuvent être limités « sous certaines conditions », comme le prévoient notamment les principaux instruments internationaux des droits de l’homme.

Toutefois, dans sa manifestation et son exercice, le droit à la liberté de conscience est confronté aux conséquences sociales, culturelles, économiques et politiques et autres qui en résultent et affectent différentes institutions et communautés telles que, notamment, celles que représentent les religions. Aussi l’exercice de cette liberté parce qu’elle a des effets directs sur les droits d’autrui – seul et en communauté – implique-t-elle, comme pour l’ensemble des libertés individuelles, des responsabilités et obligations à l’égard d’autrui et des communautés concernées

La liberté de manifester sa religion ou ses convictions ne peut faire l’objet d’autres restrictions que celles qui, prévues par la loi, constituent des mesures nécessaires, dans une société démocratique, à la sécurité publique, à la protection de l’ordre, de la santé ou de la morale publiques, ou à la protection des droits et libertés d’autrui.

Ainsi la DUDH invite chaque citoyen et l’Etat au respect de la manifestation de la liberté de conscience et de religion de chaque individu. Chacun a le droit de choisir sa religion selon ses convictions sans en être inquiété. Nul ne doit imposer sa religion à autrui pour des considérations culturelles ou d’honneur. Il s’agit d’une liberté donc l’exercice est protégé par la Constitution au plan interne notamment par l’article19.

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